Viol collectif dans une université américaine : l’affaire qui choque le monde entier 

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En octobre 2024, sept étudiants de l'université Cornell aux États-Unis ont commis un viol en réunion sur une étudiante, l'affaire fait aujourd'hui le tour des réseaux sociaux. @Unsplash

Au sein de la fraternité Chi Phi de l’université de Cornell (État de New York), sept étudiants ont drogué et violé en réunion une jeune femme de 20 ans, en octobre 2024. Alors que l’établissement avait étouffé l’affaire avec des sanctions dérisoires, le procureur vient de rouvrir l’enquête pénale fin septembre 2026 grâce à de nouvelles preuves.

À l’automne 2024, la vie d’une étudiante a basculé au cours d’une soirée organisée dans la fraternité masculine Chi Phi de l’université de Cornell, dans l’État de New York. 

Ce soir-là, sept étudiants âgés de 19 à 21 ans sont accusés d’avoir drogué à la kétamine et violé en réunion la jeune femme de 20 ans, avant que l’administration universitaire ne cherche à étouffer le dossier. 

La réouverture de l’enquête pénale le 28 septembre 2026 par le procureur du comté de Tompkins, Matthew Van Houten, a mis en lumière un système de protection institutionnelle intolérable au sein des élites académiques américaines.

L’engrenage d’une soirée cauchemar

Dans sa déclaration officielle, la plaignante explique s’être rendue dans la fraternité Chi Phi après une soirée de sa sororité. Après avoir bu de l’alcool, elle est attirée dans une pièce plus calme où elle est forcée de consommer de la kétamine, une drogue puissante.

C’est le début d’un drame de plusieurs heures. La victime affirme avoir subi les agressions et viols répétés de Matthew Ingalls, Johnathan Newell, Gillio Lopes, Diego Sarabia et Winston Lee, tout en subissant d’autres prises de drogue non consenties.

À 1 h 42 du matin, Johnathan Newell envoyait un message glaçant sur la conversation de groupe de la fraternité pour inviter ses camarades : « [Venez] profiter de la chatte gratuite qu’il y a à l’étage. »

Plus tard, alors qu’un autre membre demandait si le « magasin était toujours ouvert », Newell répondait par l’affirmative. La victime finira par perdre connaissance vers 5 h 45 du matin. Face à ces accusations, les sept mis en cause maintiennent une seule version : la jeune femme était consentante.

Des punitions dérisoires pour masquer le crime

Après les faits, la victime s’est manifestée auprès des autorités du campus, mais la réaction de l’université Cornell a été jugée révoltante. Pour étouffer le scandale et protéger la réputation de cet établissement de l’Ivy League, la direction a réglé l’affaire en vase clos.

Les sanctions distribuées ont été minimales : seuls deux étudiants ont été exclus. Les cinq autres ont écopé de sanctions symboliques, allant de simples suspensions temporaires à l’obligation d’écrire une dissertation ou de participer à des ateliers de sensibilisation. L’un des accusés a même écrit dans l’album de fin d’année de l’université : « J’arrive pas à croire que j’ai pas été cancel. »

Pendant ce temps, la jeune victime, détruite par l’agression et le climat sur le campus a été contrainte d’abandonner définitivement ses études.

De nouvelles preuves gardées sous silence et la réouverture de l’enquête

Si le procureur Matthew Van Houten n’avait pas engagé de poursuites criminelles à l’époque, c’est parce que l’université ne lui avait transmis qu’un résumé de six pages expurgé. En septembre 2026, l’avocat de la victime, Thomas P. Guiffra, a finalement transmis le dossier complet, comprenant l’enregistrement audio intégral du témoignage, un rapport médical établi trois jours après les faits et des SMS accablants.

Thomas P. Guiffra dénonce directement la dissimulation de preuves par les autorités du campus :

« Je crois que toutes ces informations n’ont pas été partagées avec la police car elles renfermaient les preuves de plusieurs crimes, » a-t-il déclaré.

Face à ces révélations, la représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez est intervenue publiquement : « Cette affaire témoigne de la culture du viol au sein des établissements d’élite et d’un système qui protège les agresseurs. Cette survivante en a terminé avec ses études parce qu’on ne peut pas rester à l’université quand quelque chose comme cela vous arrive. »

Un buzz mondial et une traque numérique sans précédent

L’affaire a désormais dépassé les frontières américaines et enflamme les réseaux sociaux du monde entier. Les noms et les photos des « 7 de Cornell » circulent massivement sur X, TikTok et Instagram. Toby Morton, ancien scénariste de la série South Park, a même créé un site Internet entièrement dédié aux sept accusés pour s’assurer que leurs visages et leurs actes restent gravés sur le Web.

Des célébrités internationales ont également relayé le scandale. L’actrice britannique Florence Pugh s’est exprimée dans un message poignant suivi par des millions d’abonnés :

« C’est déjà arrivé avant et je déteste l’idée que ça puisse arriver à nouveau. […] Le moment est arrivé où vous, hommes, devez être aussi horrifiés et dégoûtés que nous ! »

Nina Bracciali