À Nice, une collecte historiquement pauvre pour la Banque alimentaire

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Depuis plusieurs années, les dons de denrées alimentaires se font de plus en rares ©Milan Vagnoux

La Banque alimentaire réalisait, le dernier week-end de novembre, sa collecte de denrées alimentaires annuelle et a obtenue moins de dons que l’année passée. L’association fait face à une véritable baisse de donations depuis plusieurs mois, une situation difficile à tenir pour les bénévoles.

Dans l’entrepôt de la Banque alimentaire de Nice, quartier Lingostière, les bénévoles fourmillent de racks* en racks. Produits frais, légumes, fruits… autant de produits qui vont remplir les placards des plus nécessiteux à l’approche d’un hiver qui va durement impacter de nombreux foyers. Dans cette légère cacophonie, les bénévoles s’affairent à stocker les produits récupérés lors de la grande récolte annuelle qui s’est tenue le dernier week-end du mois de novembre. Si des sourires traversent les visages de ces travailleurs désintéressés, la baisse du nombre de dons par rapport à l’année précédente est dans toutes les têtes. « J’étais au Lidl de Villeneuve-Loubet pour la collecte », nous confie Michèle, l’une des bénévoles. « On a rempli seulement quatre caddies. C’est catastrophique », avoue-t-elle d’un ton grave. Depuis quelques années, cet entrepôt de la périphérie niçoise voit de moins en moins de denrées alimentaires dans ses grandes étagères. La faute à une augmentation globale du coût de la vie, qui rend la donation plus difficile.

« La vie est devenue très dure pour tout le monde », explique Michèle, au milieu des cagettes de fruits et de légumes. Un constat partagé par le président de la Banque alimentaire des Alpes-Maritimes, Tony Amato. « On a entre 130 et 140 tonnes de denrées alimentaires récoltées cette année, contre 150 à 160 l’année passée », explique l’homme, aux traits tirés par le travail. Mais comment comprendre cette baisse croissante du nombre de dons ? Pour le président de l’association, différent facteurs, qui vont au-delà de la simple inflation, l’expliquent. « Il y a en premier lieu un problème de date et de timing. La collecte a lieu le dernier week-end du mois de novembre, juste avant la paye. Le black friday nous embête également car les potentiels donateurs se rendent dans les galeries marchandes plutôt que dans les supermarchés où nous réalisons les collectes », analyse-t-il.

Réussir à se renouveler

Pour faire face à cette baisse de donations, plusieurs solutions sont étudiées par l’association. « Il faut réussir à nous renouveler dans notre manière d’organiser des collectes. Les gens en ont marre des supermarchés. Quand on y passe, la semaine d’avant c’était pour la lutte contre le cancer et la semaine d’après ce sera pour la protection des animaux. Il faut collecter ailleurs. Dans les crèches, les écoles, les entreprises, les rencontres sportives, les concerts », explique Tony Amato entre deux chargements. C’est peut-être là que se trouve le principal enjeu pour la Banque alimentaire.

Dans l’entrepôt du quartier Lingostière, les bénévoles sont motivés à faire mieux l’année prochaine. « Je ne baisse pas les bras même si ce n’est pas évident tous les jours. J’emmènerai avec moi ma fille et mes amies jusqu’au fin fond du département s’il le faut », termine Michèle avec le sourire.

*ndlr : rack (eng) = meuble de rangement à dimensions normalisées.

Milan Vagnoux

*Ce travail a fait l’objet d’une vérification juridique et éditoriale par Lucie Guerra*