Des noyaux d’olives chauffent le Broc

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200 kilogrammes d’olives sont prêts à être transformés en huile. ©Eloïse Fine

La petite commune du Broc, dans les Alpes-Maritimes, chauffe plusieurs bâtiments municipaux grâce à un seul produit : les noyaux d’olives. Cette démarche permet d’utiliser les déchets du moulin à huile, de produire des combustibles, mais aussi de faire des économies. 

Transformer des noyaux d’olives en combustibles. C’est l’idée de la commune du Broc dans les Alpes-Maritimes. Comme chaque année depuis 2016, Christian Oreggir, 68 ans, se rend au moulin oléicole de son village. Mardi 29 novembre, au matin, ce Brocois arrive les bras chargés.  À l’entrée du moulin, la balance affiche 203 kilogrammes. « Les olives », précise l’habitant, « viennent de mes quinze arbres que j’ai dans mon jardin ». Dans tout le local et jusqu’à l’extérieur, une odeur d’herbe fraîche se dégage mais le bruit est assourdissant. Impossible de discuter sans quitter les lieux. C’est l’une des raisons pour lesquelles Christian Oreggir patiente dehors. « Il y a une heure d’attente pour récupérer nos bidons », ajoute-t-il. Le principe est simple : les clients déposent leurs récoltes et repartent avec leur huile. Ils doivent ensuite aller la régler à la Poste. « À titre indicatif, pour avoir un litre d’huile d’olive, il faut 5 kilogrammes d’olives », détaille Philippe Heura, le maire du Broc. 

« Moins on nous apporte d’olives, moins on a de noyaux à brûler »

Les olives, déposées par les particuliers, servent également de combustible pour la mairie. En effet, le moulin est équipé d’une machine à séparateur de grignons. Ces derniers sont « des résidus des noyaux d’olives et sont utilisés comme pellets pour les chaudières communales ». Le moulin, la crèche, la médiathèque et l’école de musique chauffent grâce à ce nouveau combustible. La mairie économise alors entre 3 000 et 5 000 euros par an. « Toutefois, les économies varient en fonction des saisons puisque l’olive est un produit naturel et les récoltes changent d’une année à l’autre. Moins on nous apporte d’olives, moins on a de noyaux à brûler », témoigne le maire face à la machine. 

Sécheresse : la qualité de l’olive endommagée

Avec l’inflation des prix de l’énergie et des matières premières, cette initiative prend de plus en plus d’ampleur dans le village du Broc. Depuis un mois, le nombre d’habitants qui déposent des olives a doublé. Pourtant, la sécheresse endommage la quantité de ce produit naturel. « Elles ont mûri trop vite avec le soleil », affirme Christian Oreggir au vu de sa collecte. Pour la dizaine d’habitants présents, ce n’est pas une très bonne année. « En termes  de quantité, on est à peu près à un tiers de moins que les années précédentes », se désole Philippe Heura. Bien que l’économie financière n’est pas négligeable, ce principe de pellets pour les chaudières est un vrai atout pour l’environnement. « Avant, le noyau d’olive était seulement un déchet. Dorénavant, il devient une matière première », révèle le maire. 

L’olive : une tradition au Broc  
Depuis le Moyen-âge, l’olive est le symbole de la commune du Broc. Des empreintes de cette activité sont présentes dans tout le village. Les oliviers sont de plus en plus apparents dans de nombreux jardins de particuliers. Depuis 2016, le moulin à huile se perfectionne chaque année avec de nouvelles machines. Il reste seulement un broyeur en pierre de 1900. 

Eloïse Fine

*Ce travail a fait l’objet d’une vérification juridique et éditoriale par Meriam Riahi*