vendredi 2 décembre 2022
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« House of the Dragon » saison 1 : portrait sanglant d’une famille assoiffée de pouvoir

Le spin-off de Game of Thrones dresse le portrait d’une famille obsédée par le feu et le sang. Cette première saison nous promet une série qui, comme sa grande soeur, marquera son temps.

« Dracarys ». Lors de l’enterrement de deux membres de sa famille, la princesse Rhaenyra Targaryen ordonne à son dragon, à contrecoeur, d’incinérer les corps de ses proches. Peu après, son père le roi Viserys se réfugie dans l’alcool, tandis que son frère Daemon organise une soirée au milieu des prostitués de Port-Réal. Otto Hightower, conseiller de celui qui occupe le Trône de fer, semble prêt à tout pour s’y assoir lui-même. Sa fille Alicent, meilleure amie de Rhaenyra, doit peu à peu renoncer à ses principes pour satisfaire ceux de son père et sa soif de pouvoir. Les personnages de House of The Dragon sont nombreux, et le spectateur va devoir s’accrocher pour comprendre chaque détail de l’intrigue, certes facilitée par quelques ellipses temporelles de plusieurs années. Mais cette fois-ci, seuls deux clans se disputent le Trône de fer.

La série produite par HBO s’appuie sur le récit de la Danse des Dragons, une partie de Feu et Sang, chroniques de George R. R. Martin publiées en 2019 chez Pygmalion. Feu et Sang, c’est aussi la devise des Targaryen, famille au centre de l’intrigue. Et il est difficile de passer à côté : le sang est présent pendant les quelques combats, au cours des accouchements encore plus impressionnants que les batailles… Il constitue une véritable obsession pour les personnages, qui traitent de « bâtard » tous ceux dont le sang ne serait pas pur. Ce sang s’offre même une place centrale dans le générique de la série, et coule sans s’arrêter sur tout l’arbre généalogique des Targaryen. Quant au feu, il tue, il brûle, il éclaire, il réchauffe. Il est symbole de pouvoir, de domination… la devise de la famille aux dragons n’aurait pas pu être mieux représentée.

Du niveau de Game of Thrones ? 

Les spectateurs et Westeros s’étaient, il y a trois ans déjà, quittés fâcheusement. Les événements du final de Game of Thrones furent décevants pour beaucoup de fans, et le sort de Daenerys, dernière héritière du nom Targaryen, avait grandement déplu. Pourtant, les showrunners Miguel Sapochnik et Ryan Condal font le choix d’inscrire leur série dans la lignée de sa grande soeur. L’héritage laissé par Game of Thrones est immense, et les hommages et clins d’oeil sont nombreux. La musique du générique reste la même, tandis que le premier épisode débute sur un texte rappelant directement les événements de la série planétaire : « 172 ans avant la mort du roi fou, Aerys, et la naissance de sa fille, Daenerys Targaryen. »

Cependant, les showrunners prennent soin de ne pas répéter les erreurs du passé. House of the Dragon prend le temps d’introduire ses personnages, de comprendre leurs motivations, leurs relations… Ceux qui attendaient d’immenses combats de reptiles cracheurs de feu et une pluie de sang seront déçus. L’essence de l’œuvre est ailleurs : dans les couloirs du Donjon Rouge, dans les chambres des prétendants au trône, dans les murmures et les rumeurs qui rongent la famille Targaryen. Ici, les jeux de pouvoir prennent l’intégralité de l’intrigue. L’ultraviolence reste  toutefois récurrente, tandis que les scènes incestueuses et d’orgie font, elles aussi, leur retour. Même si celles-ci dérangent, cet univers dans lequel tout est possible fascine le spectateur.

On retrouve finalement l’ambiance de la série qui haletait le monde entier : langues coupées, assassinats, têtes tranchées, complots… Cet âge semble presque plus pervers que celui de Game of Thrones, et seuls les riches et leurs jeux de pouvoir ont leur place à l’écran. House of the Dragon a aussi son lot de dialogues mémorables : « Les dieux n’ont pas encore créé l’homme qui manquera de patience pour le pouvoir absolu », réplique cinglante lâchée par un personnage dès les premiers épisodes, résonne encore dans les têtes des téléspectateurs à la fin de la saison. L’accès au trône prévaut sur tout le reste et, hormis quelques références à la prophétie de la Chanson de glace et de feu, est l’unique intrigue de la série.

Un sans-faute audiovisuel

Après dix épisodes, c’est la justesse audiovisuelle qui marque le plus le spectateur. Hormis quelques plans très sombres, tout est magnifique. L’attention portée aux détails est flagrante : la méticulosité des costumiers se fait ressentir sur les armures, les robes et même sur les chemises de nuit. Quant à l’animation par ordinateur (communément appelée Computer-Generated Imagery (CGI)) utilisée pour les dragons, elle est, à l’exception de quelques scènes, bien plus réaliste que dans l’œuvre mère. On constate le budget, mais il est loin d’être tape à l’oeil. Preuve en est qu’il est possible d’utiliser son argent sans étaler ses billets à l’écran. Une certaine série sur la Terre du milieu a quelques leçons à retenir de ce succès.

Les personnages sont portés par un casting millimétré, peut-être le plus gros point fort de la série. Milly Alcock, Emma D’Arcy, Matt Smith, Olivia Cooke… la majorité des acteurs principaux interprètent leurs rôles à la perfection, et certains se bonifient au fil des épisodes. Le Viserys de Paddy Considine, vieux patriarche d’une famille brisée par des questions de succession, devient de plus en plus convaincant avec l’avancement de l’intrigue.

Le retour de Ramin Djawadi à la musique justifie presque à lui seul de regarder House of the Dragon. Les titres mémorables sont nombreux : The Prince That Was Promised, The Power of Prophecy, The Crown of Jaeharys… il est impossible de citer les morceaux qui nous ont transportés tout au cours de notre visionnage. La justesse des notes rythme la série jusqu’au dernier plan de cette saison, magnifié par la composition Bloodlines Will Burn.

Adrien Roche

*Ce travail a fait l’objet d’une double vérification juridique et éditoriale par Lucie Guerra*

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