Le parquet de Paris a requis, le mardi 20 octobre 2026, dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité contre l’eurodéputée La France insoumise Rima Hassan, poursuivie pour apologie du terrorisme. L’élue est accusée d’avoir valorisé, dans un tweet supprimé, l’un des auteurs de l’attentat de 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv, qui avait fait 26 morts.
Un tweet, publié puis supprimé a valu à Rima Hassan une comparution devant le tribunal correctionnel de Paris, les 19 et 20 octobre 2026. À l’issue de deux jours d’audience, le parquet a requis contre l’eurodéputée La France insoumise dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour apologie du terrorisme.
L’affaire commence le 26 mars 2026. Sur le réseau social X, Rima Hassan partage une citation de Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attentat de l’aéroport de Lod, près de Tel-Aviv, en 1972. Cette attaque, revendiquée par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), avait fait 26 morts.
Le message, depuis supprimé, reprenait ces propos attribués à Okamoto : « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. »
Pour le parquet, publier ces mots sans les condamner revient à « banaliser » un massacre et à « valoriser » l’auteur d’un attentat. C’est précisément ce qui constituerait, selon lui, une apologie du terrorisme.
Une élue qui dénonce une « intimidation »
Rima Hassan a, elle, dénoncé une « tentative d’intimidation » et une « mise sous silence d’une élue de l’opposition ». Elle a affirmé être « l’élue la plus poursuivie de la Ve République » en raison de ses prises de position politiques, avant d’exercer son droit au silence pour le reste du procès.
La juriste s’est aussi dite victime de nombreuses plaintes et signalements. Elle a critiqué le refus de la justice d’ouvrir une information sur l’origine de fuites ayant faussement évoqué la découverte de drogue dans son sac lors de sa garde à vue.
Une affaire dans un contexte tendu
Le procès se déroule dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par l’attaque du 7 octobre 2023. Rima Hassan, régulièrement critiquée pour ses positions très favorables aux Palestiniens et très critiques envers Israël, est accusée d’antisémitisme par ses opposants, ce qu’elle conteste.
Plusieurs organisations, dont l’Organisation juive européenne et la Licra, se sont constituées parties civiles. La publication avait d’abord été signalée au parquet par le ministre de l’Intérieur, avant de donner lieu à une garde à vue de l’eurodéputée.
Le tribunal n’a pas encore rendu son verdict : la décision sera prononcée le 30 novembre. Rima Hassan encourait jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende , son avocat a plaidé la relaxe, dénonçant une « condamnation politique ».
Nina Bracciali



