« Je l’ai mise dans le trou » : Cédric Jubillar fait des révélations glaçantes sur la nuit du meurtre de sa femme, Delphine

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Lors d'un entretien avec une magistrate à Toulouse, le 18 septembre dernier, Cédric Jubillar a détaillé la manière dont il reconnaît avoir tué sa femme. @Unsplash

Lors d’un échange avec une magistrate à Toulouse le 18 septembre dernier, Cédric Jubillar a évoqué en détail le déroulement de la nuit de la disparition de sa femme. D’après Le Parisien, il a notamment donné des précisions macabres sur la façon dont Delphine aurait été étranglée à Cagnac-les-Mines puis enfouie dans un champ à Mailhoc.

« Je ne suis plus là pour mentir, je suis là pour dire la vérité. » C’est par ces mots que Cédric Jubillar a entamé son audition face à la justice toulousaine.

Plus de cinq ans après la disparition de Delphine Aussaguel, l’artisan a livré le récit détaillé du meurtre qu’il reconnaît désormais avoir commis au domicile conjugal de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn.

Selon les éléments rapportés par Le Parisien, Cédric Jubillar affirme que le drame s’est déroulé aux alentours de 1 heure du matin, à la suite d’une altercation verbale dans la cuisine. Il décrit une scène d’une extrême violence déclenchée par les insultes de son épouse.

Le mis en cause détaille ensuite le mode opératoire de son passage à l’acte : tous deux debout, la victime se trouve plaquée contre le réfrigérateur. L’auteur décrit alors le positionnement de ses deux pouces au niveau de la glotte, les mains enroulées autour du cou et une forte pression exercée, sans objet : « Je lui répète : Tais-toi, je veux que tu te taises, tais-toi, je n’en peux plus, tais-toi. Je n’arrêtais pas de répéter ça, 30, 40 ou 50 fois », a-t-il relaté à la magistrate.

Une strangulation qui aurait duré moins de deux minutes selon ses dires.

Le corps transporté et enfoui dans un champ

Après une phase de panique où il affirme être resté devant elle à réfléchir pour éviter que ses enfants n’aient à supporter cela, il décide d’emporter le cadavre. « Je regarde si les petits dorment, je prends les clés dans son manteau et la frontale qui était sur le bar et je pars. Je dirais que cela a duré entre 15 et 30 minutes entre le moment où j’ai constaté qu’elle était morte et le moment où je suis parti en voiture », précise-t-il.

Toujours selon ses propos, il charge alors Delphine sur son épaule droite, la dépose dans le coffre de la Peugeot 207 de son épouse, puis prend le volant en pyjama. Moteur éteint dans la descente pour ne pas alerter le voisinage, il roule vers le nord et s’arrête sur la commune de Mailhoc, au niveau d’un champ bordé de monticules de compost.

Sur place, Cédric Jubillar explique avoir creusé un trou à la main entre deux buttes, y avoir déposé le corps porté sur son épaule, puis avoir recouvert le tout avec le terreau friable et meuble.

Des incohérences flagrantes face aux éléments du dossier

Si Cédric Jubillar prétend avoir agi sous le coup de l’impulsivité et sans préparation, la magistrate lui a opposé plusieurs zones d’ombre majeures.

D’abord, l’horaire du crime qu’il situe vers 1 heure du matin contredit le témoignage de son fils Louis et de deux voisines, qui évoquent des cris dès 23 heures. Google Maps montre également qu’il a repéré la zone exacte du champ de Mailhoc dix jours avant le drame, ce qu’il prétend ne pas comprendre. Enfin, alors qu’il affirme avoir jeté le téléphone de Delphine dans un conteneur avant de s’endormir, l’expertise démontre que l’appareil a été manipulé jusqu’au matin.

Une reconstitution imminente et le procès en appel

Interrogé sur ce changement de posture après des années de dénégations, le Tarnais explique avoir été aidé par une accompagnatrice en prison et son nouvel avocat, Me Pierre Debuisson, qui l’ont aidé à sortir du déni. Cette audition intervient alors qu’une reconstitution judiciaire doit se tenir ce vendredi 2 octobre à Cagnac-les-Mines puis dans le champ de Mailhoc.

Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises d’Albi, Cédric Jubillar sera rejugé en appel à Toulouse. À la fin de son échange de trois longues heures avec la magistrate, Cédric Jubillar conclut : « Cette nuit-là, j’ai brisé la vie de plusieurs familles, de Delphine et de la mienne, des enfants et tout ce qui va avec. »

Nina Bracciali