
Pour sa quatrième et dernière édition à Nice, le championnat du monde Ironman 70.3 a offert un week-end riche en émotions sur la Côte d’Azur. Entre les sacres de Taylor Knibb et Hayden Wilde, l’incroyable remontée de Kristian Blummenfelt, les performances des Français amateurs et deux demandes en mariage, retour sur les moments forts d’une édition qui aura une nouvelle fois marqué les esprits.
Tout le week-end, Nice a vibré aux bruits des nages, des pédales et des semelles sur le bitume lors de ce championnat du monde Ironman 70.3, qui sera d’ailleurs le tout dernier dans la cité azuréenne. De quoi, forcément, revenir sur les moments marquants de cette nouvelle édition – la quatrième à Nice – remplie de succès, avec pas moins de 6 500 participants au total.
Mais d’abord, quésako ? Un Ironman 70.3 représente la moitié d’un Ironman, cette épreuve de triathlon longue distance très exigeante, qui a vu le jour en 1978, à Hawaï, une destination devenue, depuis, une véritable référence pour tout passionné de longue distance. Si un full représente 3,8km de natation, 180km de vélo et 42,1km de course à pied (un marathon, donc), le 70.3, lui, concentre 1,9km de natation, 90km de vélo et 21,1km de course à pied. Pour un total de 113 km ou.. 70,3 miles.
Après le dernier championnat du monde Ironman 70.3 à Marbella l’année dernière, celui de Nice a couronné deux nouveaux champions, pour l’édition féminine puis masculine.
Taylor Knibb sans surprise chez les féminines
Samedi, en ouverture, l’Américaine a donné le ton en s’imposant en totale solitude sur le circuit. Dès le 10e kilomètre à vélo, Taylor Knibb a pris les devants et n’a plus bougé jusqu’à la ligne d’arrivée. Se contentant, au fil de la course, d’abord d’agrandir son écart, puis de le stabiliser face aux différentes fulgurances de ses concurrentes par période. La première est venue de la Niçoise Marjolaine Pierré dans les descentes. Un secteur sur lequel elle savait pouvoir tirer son épingle du jeu, et qui lui a permis de rejoindre la deuxième place à partir du kilomètre 70,7.
Toujours largement en tête sur le run – 6 minutes d’avance sur Marjolaine Pierré – Taylor Knibb n’a sans doute pas senti le moindre instant le doute s’installer en elle. C’est plutôt derrière que c’était animé. Et c’est le cas de le dire ! Au bout d’une course à pied exceptionnelle (1h13’04 »), Julie Derron a remonté une par une ses concurrentes jusqu’à s’installer à cette deuxième place et réduire l’écart avec Knibb (+4 min). « Je savais que je pouvais passer les filles devant moi sur cette course, a déclaré la Suissesse qui était 9e au moment de prendre le départ du run. Je me considère peut-être comme la fille la plus rapide du circuit, je devais juste croire en moi et me dire que j’étais capable de courir si vite. Au final, je suis vraiment fière de moi et mon équipe, mes parents sont présents donc c’est magnifique de partager ça avec eux« .
Au final, la Française Marjolaine Pierré a obtenu une belle 5e place dans ce championnat mondial qui lui offre à l’arrivée tout son lot d’expérience pour l’avenir. Son temps : 04h26’38 ». En détaillé : 27’21 » en natation, 2’24 » transition, 2h35’23 » en cyclisme, 1’05 transition, 1h20’27 » en course à pied. Audrey Merle (8e) s’érige comme la deuxième française de l’épreuve (04h29’08 »).
Le podium :
1. Taylor Knibb (04h19’24 ») 2. Julie Derron (04h23’30 ») 3. Alanis Siffert (04h25’10 »)
Une course plus serrée chez les hommes
Le lendemain, sous les yeux des sportives de la veille, les masculins ont pris part au même parcours, avec des premières places hautement disputées tout au long du parcours. Si le Néo-Zélandais Hayden Wilde – vainqueur final – a veillé au grain pendant une bonne partie du parcours, c’est à partir de la course à pied qu’il est parvenu à se débarrasser définitivement de Michele Bortolamedi, l’Italien qui a dominé l’épreuve vélo.
Dès le premier kilomètre, le natif de Whakatane a mis les bouchées doubles pour prendre le run à son compte, malgré la persistance de Lasse Priester, un autre concurrent qui a souvent été vu dans les parages du podium. Mais attention, malgré la victoire finale de Hayden Wilde – couronné, d’ailleurs, pour la première fois de sa carrière champion du monde Ironman 70.3 – l’exploit qui a fait sensation dans cette édition masculine provient du Norvégien Kristian Blummenfelt.
Parti à la 17e position lors du run start, le Norvégien a sorti une performance surhumaine pour finalement obtenir la deuxième place, à seulement 18 secondes (alors qu’il comptait plus de 2 minutes 30 de retard au départ !) au terme de la course. Un run titanesque qu’il a bouclé en 1h05’12 ». Hors-norme !
Le double-champion du monde en titre Jelle Geens a dû se contenter d’une troisième place.
Le podium :
1. Hayden Wilde (03h50’51 ») 2. Kristian Blummenfelt (03h51’09 ») 3. Jelle Geens (03h52’40 »)
Plusieurs champions français chez les amateurs
Si aucun Français n’a accroché le top 10 sur le circuit professionnel (Simon Viain, 13e au général, est le 1er français), un florilège de triathlètes amateurs français a brillé !
On pense d’abord à Antoine Viertaix, l’un des jeunots du circuit inscrit dans la catégorie M18-24. Après un temps de 04:17:21, il est parvenu à terminer à la deuxième position (5e du classement général amateur), derrière l’Allemand Thorben Scholl (+59s). Un premier puis deuxième argent décroché, cette fois-ci, par Robin Lemercier (04:16:09), deuxième chez les M25-29 avec Victor Tourde (04:20:19), à la troisième place. Jérémy Ferrari a pris la 7e place chez les M40-44, Julien Orhan la 6e chez les M35-39 (04:33:04). Fier de sa performance, celui-ci a livré l’un de ses secrets pour tenir le coup tout au long de l’épreuve. « Je vais être papa dans un mois, ça a été une force supplémentaire pendant la course où je me disais ‘profites-en, pense à ce qui va arriver ensuite, et donne-tout’« .
Chez les M30-34, pas de première place obtenue, certes, mais quatre Français se sont installés dans le top 5. Une performance pas des moindres. Anatole Giraud-Terme s’est installé à la troisième place (04:18:04), un poil derrière son compatriote Alexandre Caille (04:18:03). Juste derrière, Brice Gayant (04:20:16) et Florian Richard (04:21:21) ferment le top 5. S’il n’est pas parvenu à récupérer sa couronne de 2024, le Niçois Alexandre Caille reste fier de ce résultat, avec les yeux déjà rivés sur les championnats du monde de Hawaï, le 10 octobre prochain, à Kona. « Après cette belle saison et surtout trois semaines après ma victoire à Vichy (un full Ironman), je reste très satisfait de ce résultat, a-t-il réagi. Sur des championnats du monde, tous les meilleurs amateurs sont engagés. Au niveau des datas personnelles, je reste en revanche un peu déçu. J’ai fait une bonne partie natation, mais au vélo j’ai été en-dessous de mes standards. Au final j’ai tout donné pour aller chercher cette deuxième place« .
Enfin, des Français, chez les un peu plus âgés, sont parvenus devenir champion du monde de leur catégorie respective. Laurent Lambert, licencié au Monaco Triathlon, s’est imposé chez les M50-54 au bout d’une marche en solitaire maîtrisée pendant une grande partie de l’épreuve (4:38:57), même si le doute s’était installé au dysfonctionnement de sa puce dans les derniers kilomètres.
Christian Masera (2e) et Jean-Luc Franchi (3e) ont complété le podium chez les M65-69 quand Christophe Batie (M55-59, 4:54:10) et Albert Dulac (M80-84, 08:12:08) l’ont emporté pour boucler ce dernier épisode niçois des championnats du monde Ironman 70.3.
Deux demandes en mariage
L’Américain Simon Shi a immortalisé de la plus belle des manières cet Ironman 70.3. Au moment de franchir la ligne d’arrivée, il a été accueilli par sa compagne, qui lui a alors remis la médaille des participants autour du cou. Mais la belle image ne s’est pas arrêtée là. Simon Shi s’est alors agenouillé pour demander la main de sa – future – femme, sous la clameur du public. Prise par les émotions, elle n’a néanmoins pas tardé à lancer un grand oui ! Quelques minutes plus tard, l’Ukrainien Vitaliy Luniv a reproduit la scène, en demandant la main de sa compagne installée dans les gradins, avant même de franchir la ligne d’arrivée. De magnifiques images que l’on apprécie toujours voir sur des célébrations sportives.
Alexis Navarro


