dimanche 29 janvier 2023
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Les Peuls, nomades d’Afrique

Comme en Europe, en Asie et en Amérique, le continent africain n’échappe malheureusement pas à la pandémie du Coronavirus. La population peule, également touchée, est l’une des plus grandes communautés d’Afrique subsaharienne. Présents dans près de 15 pays différents, mais rassemblés autour d’une langue commune, les Peuls suscitent beaucoup d’intérêts et de convoitises. Rencontre avec un peuple sans frontières.

Ils sont près de 40 millions. Les Peuls, aussi appelés « Pulaakus », représentent une communauté d’Afrique centrale historiquement nomade, dont les membres sont aujourd’hui installés dans une quinzaine de pays africains, principalement en Guinée, au Sénégal, au Mali et au Niger. Bien qu’éclatés dans tout l’Ouest du continent, leur langue commune, le pulaar, solidifie leur identité et tend à les fédérer. Majoritairement musulmans, les Peuls pratiquent un Islam modéré (tout comme les Haoussas au Nigeria), au sein duquel les femmes ont une place prépondérante. L’activité originelle, et même caractéristique des Peuls reste la transhumance de vaches et de bœufs. En effet, l’itinérance de ce peuple est en partie due à ce mode de vie. Il faut suivre le troupeau, peu importe les frontières, les langues, les religions. « Les Peuls sont dispersés partout dans le monde. Et partout ils sont exposés », affirme Alpha Amadou Diallo, notable peul installé au Sénégal au micro de RFI. Le lait de vache est considéré comme l’or peul depuis des centaines d’années. Et ce sont les femmes qui s’occupent de la traite du bétail. À ce propos, on raconte que cet exercice est tellement sacré chez les Peuls, que le « dyullun », ce tabouret en bois de figuier sur lequel s’assied la femme pour traire, était transmis de mère en fille, et ce sur plusieurs générations. Une tradition qui semble se perdre de plus en plus.

Une mue aujourd’hui contestée

Si les Peuls étaient autrefois considérés comme des paysans nomades, privés de terre et à la merci d’autres tribus, ils connaissent depuis une trentaine d’années une réussite économique et religieuse certaine. « Ici, les gens se sont sédentarisés. Nous sommes des commerçants. Cette évolution menace la peulitude », se désole Zeïnab Koumanthio Diallo dans le magazine Jeune Afrique, fondatrice du seul musée consacré aux traditions peules en Guinée. C’est la mue que connaît actuellement le peuple peul. S’éloigner de la culture et se tourner vers les affaires. Voilà le mot d’ordre de la nouvelle génération. Dans l’Ouest de l’Afrique, les «Pulaakus» monopolisent maintenant les marchés du commerce et de l’import-export. Les nouveaux rois du business africain s’appellent NissanSamsung, ou encore Philips. Automobile, électroménager, téléphonie, ceci est le nouveau quotidien des enfants de ceux qui jadis parcouraient les routes de la transhumance avec leurs troupeaux. Cette fortune générée par les affaires attise indéniablement la jalousie des autres communautés.

Jalousie et convoitises

En Afrique, la réussite rend coupable. La délicate situation économique au Sahel entretient des rivalités vieilles comme le monde, notamment entre les différentes communautés africaines. Dès lors qu’un groupe d’une même population se distingue des autres, notamment par la réussite sociale et financière, les convoitises sont grandes. Peuls, Malinkés, Haoussas, Soussous. Autant d’ethnies pour autant de conflits. Depuis quelques années, une discrimination envers la population peule prend de l’ampleur, et se voit parfois matérialisée par des conflits sanglants. En mai 2012, une cinquantaine de Peuls périssent dans de violents affrontements contre des extrémistes maliens. Les rivalités ne cessent de se creuser en Afrique de l’Ouest, alors que le contexte géopolitique requiert plus la solidarité que la division. La propagation du terrorisme, les difficultés économiques et l’instabilité politique dans cette région du monde sont devenues le fardeau que doivent porter à bout de bras ses habitants. Un énième défi à relever pour les Peuls.

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