L’affaire Grégory embrase à nouveau les tribunaux : Christine Villemin attaque une ex-journaliste pour diffamation

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Ce lundi 12 octobre, le tribunal de Paris a accueilli une nouvelle audience consacrée à l'affaire Grégory. @Unsplash

Le tribunal correctionnel de Paris examinait, ce lundi 12 octobre, la plainte pour diffamation déposée par Christine Villemin contre Marie-France Lefèvre-Bezzina. À 82 ans, cette ancienne journaliste continue de clamer la culpabilité de la mère de Grégory sur les réseaux sociaux, malgré le non-lieu définitif prononcé en 1993. Les avocats de Christine Villemin réclament 100 000 euros de dommages et intérêts.

Alors que le meurtre du petit Grégory Villemin, retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne le 16 octobre 1984, demeure non élucidé, les rebondissements judiciaires continuent de ponctuer l’affaire.

Ce lundi 12 octobre dernier, une nouvelle audience s’est tenue devant le tribunal correctionnel de Paris.

Au cœur du litige : une série de publications postées sur Facebook en juin 2025 par Marie-France Lefèvre-Bezzina. L’ancienne journaliste y accusait ouvertement la mère de l’enfant : « C’est elle, c’est imparable, elle n’a fait que mentir », affirmant également qu’« il n’y a pas besoin d’aveu ». Une semaine plus tôt, elle s’en prenait directement au domicile du couple Villemin en écrivant « L’assassin habite au 21 », avant d’ajouter le lendemain : « Imaginez ces enfants dont les deux parents sont des assassins ».

L’ex-journaliste prétendait aussi reconnaître la voix de Christine Villemin derrière les enregistrements téléphoniques du mystérieux « corbeau », assurant s’appuyer sur ses « quelques années au conservatoire ».

Le rôle historique des époux Bezzina dans le naufrage médiatique

À l’époque du meurtre, Marie-France Lefèvre-Bezzina et son époux Jean-Michel Bezzina (aujourd’hui décédé) étaient des correspondants locaux incontournables en Lorraine. Ils écrivaient simultanément, sous leur nom ou sous des pseudonymes, pour près d’un tiers de la presse nationale (dont Le Figaro, France-Soir, Le Parisien, Le Journal du Dimanche, l’agence Associated Press ou encore RTL).

Le couple a alors très tôt relayé la thèse de la mère infanticide, influençant l’opinion publique et appuyant l’instruction du juge Jean-Michel Lambert.

Inculpée le 5 juillet 1985 pour homicide volontaire, Christine Villemin a passé 11 jours en détention provisoire avant d’être totalement innocentée en 1993. La justice avait alors rendu un arrêt de non-lieu retentissant, fondé sur une « absence totale de charges ».

La riposte judiciaire des Villemin

Malgré ces décisions de justice claires, l’ancienne journaliste réitère ses accusations sur un groupe Facebook rassemblant plus de 6 600 membres. Face à cet acharnement, l’avocat de Christine Villemin, Me François Saint-Pierre, dénonce une « totale mauvaise foi » aggravée par la qualité de journaliste revendiquée par la prévenue.

La défense de Christine Villemin réclame également 100 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral.

Ce n’est pas la première fois que les deux parties s’affrontent sur le terrain judiciaire. Il y a trente ans, Marie-France Lefèvre-Bezzina avait elle-même attaqué les parents de Grégory pour diffamation après la publication de leur livre Le Seize octobre. Le tribunal l’avait déboutée, pointant déjà son « parti pris » et son « manque d’objectivité ».

L’avocat de la défense, Me Antoine Fittante, a plaidé la relaxe en invoquant la liberté d’expression et une « opinion dissidente ». La décision du tribunal correctionnel de Paris a été mise en délibéré et sera rendue le 7 décembre prochain.

Nina Bracciali