Confinement : 6 ans après, ces habitudes qui perdurent

0
7
©Justine Carrière

Le 17 mars 2020, les rues se vidaient, les volets se fermaient, et un mot s’imposait dans la vie des Français : confinement. Six ans après, nous ne sommes (presque) plus en guerre : la vie a repris son cours, mais certaines habitudes ont la peau dure, et sont encore ancrées dans le quotidien collectif.

« Il y a six ans ? J’étais chez moi à suivre mes cours en visio il me semble ! » se souvient Anna Macet, étudiante en droit. « Je n’ai pas gardé d’habitude particulière, mais cette période a aidé à démocratiser le travail à distance, et ça a été un bon changement dans le milieu scolaire je trouve. » Pour la jeune femme de 21 ans, le confinement a surtout été l’occasion d’apprendre à travailler autrement. Moins de contraintes, moins de stress, plus d’autonomie : le bonheur absolu pour les introvertis de nature.

Pour des centaines de milliers d’étudiants, cette période passée sous cloche a cependant été le point de départ de beaucoup d’inégalités. Plusieurs études ont mis en évidence une hausse du décrochage universitaire en 2020. « C’est vrai que j’ai beaucoup d’amis qui ont décroché à ce moment-là. Certains se sont trouvés dans d’autres voies, d’autres ont adapté leur manière de travailler. » Pour Anna, une chose est sûre : le travail à distance n’a pas fini de s’immiscer dans nos vies, et les années à venir vont complètement changer notre manière d’organiser notre temps. Selon la DARES, près d’un salarié sur quatre pratique encore le télétravail de manière régulière en France.

Un quotidien réinventé

Jacques Laly, lui, ne travaille plus depuis quelques années. Pourtant, la pandémie de COVID-19 a modifié quelques unes de ses habitudes. « J’avais soixante-huit ans quand le confinement a commencé, les boîtes de nuit ce n’était déjà plus de mon âge vous savez » ironise le septuagénaire, avant de reprendre : « J’ai quand même appris à faire mes courses moins souvent pour éviter la contamination, et finalement j’y ai pris goût ! » Pour ce retraité en forme, déconfinement rime avec moins de sorties, et plus de temps avec ses petits-enfants. Comme lui, beaucoup ont fait le choix de consommer autrement. Le drive et les achats en ligne sont aujourd’hui la solution pour ceux qui optent pour un rythme de vie plus tranquille.

Au-delà des frontières françaises, le constat est similaire. Lisa Maria Torres, une espagnole fraîchement débarquée à Nice, a elle-aussi réadapté son quotidien. « Comme tout le monde, j’avais pris l’habitude de faire mes séances de sport à la maison avec des vidéos. » La jeune brune sourit à la simple évocation de ces souvenirs. « Je me souviens même m’être acheté des haltères… elles n’ont pas dû voir le jour depuis quelques années maintenant que j’y pense ! » Après s’être installée dans la capitale azuréenne en 2022, Lisa Maria a troqué son tapis d’exercice pour la Promenade des Anglais. Pour elle comme pour beaucoup d’autres coureurs, « rien ne peut remplacer un grand bol d’air frais. » En clair, si le monde d’avant semble avoir repris ses droits, les traces de cette vie au ralenti, elles, n’ont jamais vraiment disparu.

Justine Carrière