Le film l’Abandon, réalisé par Vincent Garenq, sorti le 13 mai au cinéma, retrace avec justesse les onze derniers jours de Samuel Paty. Bien que des polémiques ont éclaté au sujet du film, ce dernier s’impose comme indispensable pour honorer la mémoire du professeur et éclairer sur les défaillances du système ainsi que sur la dangerosité que représente l’islamisme radical.

Légende : Présenté hors compétition à Cannes, l’Abandon s’appuie sur des faits documentés, dont le livre de Stéphane Simon et la collaboration de la sœur de Samuel Paty. © Kymia Diyaar
L’Abandon reconstitue de manière factuelle l’engrenage horrifiant résultant à l’assassinat de Samuel Paty. En 2020, le professeur d’histoire-géographie avait été décapité pour avoir montré, dans un cours sur la liberté d’expression, des caricatures Charlie Hebdo de Mahomet. Après la sortie du film de Vincent Garenq, beaucoup de critiques ont rejailli, notamment sur les réseaux sociaux. Certains partis politiques ont utilisé cette projection pour faire polémique et propager leurs idéaux.
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Cette controverse révèle une fracture profonde en France : la politisation de nombreux sujets due à une confusion et un refus d’accepter des vérités qui dérangent, comme la place grandissante de l’islamisme dans le pays. L’intention de cette œuvre est claire : décrire les faits et rendre hommage. L’Abandon est un rappel que si les valeurs de la République ne sont pas respectées, ce sont les âmes les plus innocentes qui en payent le prix.
Projection difficile mais indispensable en France
La fiction montre la complexité des onze jours infernaux qu’a vécu Samuel Paty avant son assassinat. Pendant 1h40, le cœur est serré. Désolation, frustration, peine ou encore profonde tristesse font surface. Une montée de la haine islamiste, de fausses accusations sur les réseaux sociaux, l’absence de réactivité de l’administration et de l’Education Nationale, et la désolidarisation du corps professoral… cette série de malentendus et de dysfonctionnements, ayant progressivement isolé le professeur, provoque un sentiment constant de douleur car le public connait son sort funeste.
Même si la directrice, quelques élèves et enseignants ainsi que des familles musulmanes épaulent, soutiennent et prennent sa défense, l’abandon de cet homme seul face à un mécanisme idéologique et administratif est réellement mis en lumière. Par ailleurs, l’œuvre ne stigmatise pas les musulmans, mais dénonce les dangers de l’islamisme radical. Dans le film, la fille du militant extrémiste explique justement, en s’appuyant sur des versets du Coran, que l’Islam se distingue de l’islamisme extrême et violent.
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La diffusion du film dans les écoles alimente le débat, au nom de la laïcité et de la liberté d’expression. Cette décision progresse favorablement car le film sera diffusé dans les collèges des Bouches-du-Rhône dès la rentrée 2026.
Exploiter le film pour faire de la politique
Avant d’honorer la mémoire du professeur, des médias de gauche se sont empressés de critiquer l’œuvre en insinuant une instrumentalisation politique par l’extrême droite. Certes, le film est produit et soutenu par UGC et Canal+, des groupes audiovisuels liés à l’empire médiatique du conservateur Vincent Bolloré. Mais, rien ne prouve que le film ou son réalisateur défendent une idéologie d’extrême droite. Quelques médias d’extrême droite utilisent, eux, le long métrage pour pointer du doigt l’indignation de la gauche et, contre toute attente, ne font pas l’amalgame entre les musulmans et l’islamisme.
De l’autre côté, des membres de la gauche radicale qualifient le film de “dangereux”, “islamophobe” et “raciste”. Les influenceurs le dénoncent aussi sur les réseaux sociaux. Selon eux, le danger se trouve lorsque le film rappelle que l’assassin a crié “Allah o Akbar” avant de commettre son acte terroriste, ou qu’une campagne de calomnie, alimentée par un père d’élève radicalisé et relayée par des militants islamistes, a conduit au meurtre d’un enseignant. Certains vont jusqu’à appeler à voter Jean-Luc Mélenchon aux élections présidentielles de 2027. Ironiquement, ces réactions révèlent, elles aussi, une certaine récupération politique de l’extrême gauche.
Ce qui est à retenir, c’est la toxicité des réseaux sociaux, l’inefficacité institutionnelle et surtout l’impact de l’extrémisme dans ce film. Cette histoire ne doit faire réfléchir sur rien d’autre que les conséquences de la désinformation et de la haine en ligne. Un parallèle paradoxal existe entre les réactions et le film. « L’Abandon raconte la récupération d’une histoire fausse par un militant islamiste qui ne cherche pas à savoir la vérité mais qui cherche à faire passer son idéologie. Et là aujourd’hui on voit des gens mentir sur le film et détourner le contenu pour faire passer leur idéologie et faire polémique », affirme le réalisateur sur C ce soir Cannes. « Je voulais faire un film tout sauf islamophobe mais réconciliateur », ajoute-t-il.
Voir aussi C à vous Cannes :
https://www.instagram.com/reel/DYfxnjZiORX/?igsh=MTMxb2VscmJxejlyYg==
Kymia Diyaar


