En cette semaine de St-Valentin, les vitrines se teignent de rouge, et les ensembles en dentelle emplissent les boutiques. Cadeau pour leur moitié, ou emplettes égoïstement assumées, on s’éloigne souvent des clichés de la fête des amoureux en ce mois de février.
Depuis quelques jours, le lèche-vitrine est au rendez-vous à Nice. En vue du 14 février, les portants sont chargés, les premiers curieux entrent timidement, et ceux pour qui le choix est déjà fait défilent vers les caisses. Dans la boutique Undiz de l’avenue Jean Médecin, les rayons débordent d’ensembles colorés. Ici, les clientes entrent souvent seules. « Avant, c’était plutôt les hommes qui venaient à cette période. Maintenant, beaucoup de femmes seules franchissent le pas » observe Karima B. , responsable du magasin. À la caisse, le même scénario revient.« Même quand les femmes viennent pour le couple, elles repartent généralement avec quelque chose juste pour elles » sourit la jeune femme. Pour elle, quelque chose a changé ces dernières années : « On a brisé le tabou autour de la Saint-Valentin et la lingerie, et les femmes pensent beaucoup plus à elles. Ça fait plaisir. »
À quelques mètres de là, chez Etam, le contraste est frappant. « C’est très tranché » résume Émilie, la responsable du magasin. D’un côté, des femmes qui savent exactement ce qu’elles veulent. De l’autre, l’espèce masculine. Plus timides, visiblement désemparés : les hommes se font discrets quand l’heure des achats arrive. Ils regardent les étiquettes, hésitent, parlent à voix basse. Certains n’osent pas répondre aux questions, d’autres avouent ne pas vraiment connaître les goûts de leurs compagnes. Pas de panique ! Pour les aider, les vendeuses disposent d’un outil de taille : le fichier client de leurs femmes. « Souvent, ça aide les hommes à choisir lorsqu’ils viennent seuls. Et au moins, ils sont sûrs de faire plaisir ! » explique la responsable des ventes.
St Valentin : sans Valentin ?
Un peu plus loin, trois étudiantes en hôtellerie ont la soirée de samedi dans leur ligne de mire. Si l’une va la passer avec son copain, les deux autres vont sortir et afficher fièrement leur statut de célibataires. « La lingerie ? Franchement depuis que je suis en couple je préfère m’acheter un ensemble assorti avec mon amoureux » lâche Romane, un sourire fier accroché aux lèvres, avant de poursuivre : « Je préfère cette image-là du couple plutôt que le cliché de la femme qui fait tous les efforts. » Ses amies Vanessa et Julie acquiescent. Mais même si elles passeront la soirée seules, elles sont fières de profiter des offres proposées pour l’occasion : « Cela ne nous empêche pas de nous sentir jolies malgré tout. » Pour les jeunes femmes, le message est clair : « Achetez vous des fleurs, allez au restaurant, et faites vous plaisir même si vous êtes seules les filles ! » Entre pudeur, plaisir personnel et envie de se sentir bien, la lingerie n’est plus un symbole imposé, mais bien un choix assumé.
Justine Carrière



