Core Meu : un ballet aussi populaire qu’intemporel

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La compagnie des Ballets de Monte-Carlo a présenté Core Meu  au Grimaldi Forum, le jeudi 30 avril à 19 heures 30. La chorégraphie raconte avec simplicité l’histoire d’une jeunesse s’abandonnant à la danse. Cette représentation présente une nouvelle grille de lecture du ballet classique.

La tarentelle s’impose comme un symbole identitaire fort de l’Italie méridionale. La danse traditionnelle varie d’une région à une autre. 
© Clara Baile

Si a priori tous les oppose, Jean-Christophe Maillot est parvenu à fusionner la rigueur de la danse classique et l’intensité de la traditionnelle danse populaire italienne.

Une mélodie mêlant des instruments traditionnels et modernes a résonné dans les murs du Grimaldi Forum de la Principauté, ce jeudi. Cette musique venue tout du droit du Sud de l’Italie est dédiée à la danse de la pizzica, la tarentelle du Salento. Historiquement, elle permettait de surmonter les difficultés du quotidien. Il semble que cela soit encore le cas aujourd’hui.

Entre parade amoureuse et tension, Core Meu livre à son public les bienfaits de la danse, avec un langage simple et ensorcelant.

Immersion sur la place des Pouilles

Au centre de la scène, la voix d’Antonio Castrignanò résonne, accompagnée des musiciens du Sud de l’Italie. Il parvient à donner une dynamique rock à la chanson de ses ancêtres. « Je suis très heureuse que notre musique soit arrivée jusqu’ici », confie, le sourire aux lèvres, Elena Marzano, la danseuse originaire des Pouilles.

Aucun décor nécessaire, les musiciens et les danseurs suffisent à plonger les spectateurs dans une ambiance festive au cœur d’un village du Salento. « Jean-Christophe offre un palet abstrait qui n’a pas de sujet, mais qui est d’une extrême chaleur dans sa musicalité. Les mouvements sont narratifs, nous nous retrouvons sur la place des Pouilles avec un groupe de jeunes gens », détaille Liliana Lambelet, ancienne danseuse de la compagnie.

Mêlant théâtre et danse, le récit d’une jeunesse fougueuse et séductrice est raconté. « Ça donne envie de danser avec le rythme, c’est comme si Jean-Christophe Maillot avait puisé tout le côté joyeux de cette danse. Il a réussi à renouveler de façon innovante la manière de communiquer les histoires à travers les ballets », précise Elena Marzano.

Une alliance surprenante

Jean-Christophe Maillot offre une nouvelle forme d’expression, mêlant danse classique et danse traditionnelle. Historiquement, la « pizzica taranta » était destinée à soigner le corps et l’esprit. Les danseurs alternent entre danse de couple et affrontement. Ce mariage des techniques révèle une énergie débordante, tandis que la légèreté de la danse sur pointe apporte du contraste.

Accompagné par des musiciens traditionnels du Sud de l’Italie, les danseurs donnent tout sur scène pendant quarante minutes. L’effusion entre les différents protagonistes transcende la salle. « La spécificité avec Core Meu est que nous sommes tous sur scène, nous nous encourageons, nous tapons dans nos mains, nous chantons et nous crions », confie d’un ton amusé, le jeune danseur Kozam Radouant.

Une danse accessible

Loin des stéréotypes des ballets classiques et élitistes, le chorégraphe suggère une danse en toute simplicité. « Jean-Christophe Maillot développe une autre vision de la danse classique. Il raconte les histoires avec des mouvements humains et simples », précise Liliana Lambelet.

Cette représentation donne un avant-goût de ce que les ballets classiques peuvent offrir, entre poésie, élégance et narration. Seulement, l’incontournable tutu est remplacé par de longues robes aux couleurs méditerranéennes.  Entre douceur et débauche, les mouvements sont accentués et mis en valeur par les costumes.

Core Meu ne cesse de se réinventer. L’arrivée de nouveaux danseurs et les nouvelles envies poussent le chorégraphe à enrichir les pièces. « Dans cette troupe, il y a énormément de cultures différentes et de styles de danses différents, nous ne dansons pas de la même manière en Russie, en France, en Italie ou aux États-Unis, c’est très enrichissant », déclare Kozam Radouant.

Dans ce ballet populaire, les danseurs célèbrent des moments de vie avec ivresse jusqu’à l’étourdissement.

Clara Baile