Ballet de Monte Carlo : Core Meu, une ode sensorielle au voyage

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Dans le spectacle Core Meu de Jean-Christophe Maillot, chaque pas, chaque son et chaque mouvement raconte une histoire, fait voyager et transmet une émotion particulière.

La compagnie des Ballets de Monte Carlo abrite plus de 50 danseurs de différentes nationalités. Core Meu est un spectacle présenté chaque année partout dans le monde. © Kymia Diyaar

L’instant d’une soirée, tout le monde oublie l’espace dans lequel il se trouve pour aller à la découverte des Pouilles. Entre le jeu des lumières, le bleu des costumes rappelant la Méditerranée, la complicité et la vivacité d’esprit des danseurs, ou les sonorités vibrantes des instruments traditionnels, les spectateurs plongent dans une véritable aventure.

Joie, tristesse, mélancolie, nostalgie, séduction, indécision ou solitude… toutes ces émotions émanent en regardant et écoutant le spectacle. Les corps vibrent. Les cœurs s’emballent.

En mélangeant tarentelle et danse de pointe, le chorégraphe Jean-Christophe Maillot a révolutionné et modernisé le ballet classique. “Son approche n’est pas forcément liée à la tradition mais elle est ciblée pour quelqu’un qui écoute cette musique pour la première fois. On n’est plus dans les anciennes représentations”, explique Elena Marzano, danseuse italienne dans Core Meu. “Il a réussi à renouveler de façon innovante la manière de raconter les histoires à travers la danse”, révèle la ballerine.

Une histoire racontée, des émotions transmises

Plusieurs récits sont livrés dans Core Meu grâce à la relation entre le mouvement et les émotions des danseurs. L’impression d’assister à une fête de village est réelle. Des danseurs se trouvent au centre, pendant que d’autres aux alentours, applaudissent, chantent, dansent entre eux ou jouent leur propre rôle sur le côté. Une histoire de village dans lequel il y a des rencontres amoureuses, des amitiés fortes ou encore et une communauté soudée.

On avance dans l’histoire avec les pas, les sauts, les élancements des danseurs, rythmés par l’orchestre. “Dans ce programme, on est sur de l’émotion pure. Il n’y a pas de sujet, ni de fil rouge. On voit comment le corps s’exprime à travers la musique qui, elle, provoque une émotion”, raconte Liliana, ancienne danseuse et responsable des relations publiques. “Ces mouvements sont très expressifs et narratifs”, ajoute-t-elle.

Les danseurs utilisent leur corps pour transmettre leur message. “Tout est dans les pas, tout est dans la danse.”, d’après Elena. “Le développement du personnage ou de l’histoire est vraiment dans la chorégraphie”, insiste-t-elle.

“Ce spectacle, c’est un morceau de vie de cette région”

La tarentelle est une danse originaire du sud de l’Italie, les Pouilles. “Son origine est liée à une araignée (la tarantula en italien) qui nous pique et pour extirper le venin, il faut danser très vite”, illustre Liliana. Lors d’un morceau, les hommes ont en effet commencé à danser rapidement pour représenter le moment où la tarentule les a piqués. “Ce spectacle, c’est est un morceau de vie de cette région”, confirme l’ancienne danseuse.

Le groupe musical Taranta Sounds absorbe le public avec l’harmonisation de ses différents instruments allant de l’accordéon, au violon, à la guitare et aux tambours. Parfois le spectateur se retrouve en Italie, comme dans d’autres régions du monde grâce à certaines sonorités orientales. Le chanteur principal, Antonia Castrignanò, fait découvrir l’apulien, un langage venu des Pouilles. “Je suis très contente que ce genre de musique puisse arriver si loin et puisse être écouté par des gens qui ne sont pas des Pouilles”, exprime avec émotion, Elena, originaire de Lecce.

Une cohésion de troupe visible dans le spectacle

Les mouvements et la fusion des danseurs sont en parfaite adéquation avec la musique et les instruments. La cohésion de troupe se remarque sur scène. “Dans Core Meu, l’ensemble du groupe est constamment sur scène. On tape des mains, on crie, on chante. On est unis et ça fait la différence”, indique Kozam Radouant, 21 ans, plus jeune danseur de la troupe.

À la fin du spectacle, un tonnerre d’applaudissements d’environ cinq minutes est attribué, incitant les danseurs à se joindre à l’audience pour faire vibrer davantage la salle. Un résultat et des réactions montrant que la réalisation de Jean-Christophe Maillot réunit et rassemble peu importe les nationalités présentes dans le public ou dans la troupe.

Kymia Diyaar