À l’approche de la fin de saison, le Nissa Rugby joue gros, tant sur le terrain que dans les coulisses. Une semaine après l’arrivée d’Éric Ciotti à la mairie, le flou demeure autour du projet de reconstruction du Stade Marcel-Volot.
Les tribunes sont remplies, les chants résonnent et les supporters niçois sont survoltés en ce soir de match. Pour l’avant-dernier rendez-vous à domicile de la saison, les aficionados des rouge et noir sont venus en masse. Quelques minutes avant cette rencontre cruciale, ce n’est étonnamment pas le score final qui centralise les conversations. Une semaine après l’élection d’Éric Ciotti, l’avenir du Stade des Arboras est encore en suspens. Une des mesures phares de Christian Estrosi était la reconstruction quasi intégrale de l’enceinte. Mais est-ce que son successeur voit l’avenir du club de la même manière que celui-ci ? Un oeil rivé sur ses joueurs, l’autre sur son mobile, Jean-Baptiste Aldigé affiche une mine soucieuse en cette soirée festive. « Je ne parlais pas politique avant, ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer » crache sèchement le président du club, avant de poursuivre : « La seule chose que je peux vous dire au sujet du stade, c’est que ça va aller plus vite. » Plus vite, certes, mais de quelle manière ? Car ce choc face à Narbonne est décisif : cette victoire (32-27) en fin de championnat pourrait être la porte d’accès du Nissa Rugby vers une possible accession en ProD2. En cas de promotion en deuxième division, les matchs à domicile deviendraient cruciaux, et les infrastructures auraient alors un grand rôle à jouer…
Un projet ambitieux, encore opaque
Dans les travées, difficile de trouver le même optimisme que chez les institutions. « À une période, on entendait parler que de ça. Aujourd’hui on a l’impression que le sujet est devenu tabou » confie Claude, un supporter de la première heure. Comme lui, beaucoup déplorent un manque d’informations autour de ce projet, présenté comme « structurant » par le maire sortant. En coulisses, on se veut plutôt confiant quant aux prochaines saisons. « L’effectif a été lourdement renforcé avant la saison, et aujourd’hui ça paye ! On a les armes pour monter en ProD2, et on l’a encore montré ce soir. Maintenant il nous manque la forteresse » explique Clément Egiziano, un des hommes forts du collectif niçois en cette soirée. Débutés il y a quelques semaines, ces aménagements devraient s’effectuer de manière progressive (une tribune après l’autre) d’ici à 2029. En attendant, l’heure est au comptage de points, et les rêves de rejoindre les plus grands sont encore permis.
Justine Carrière



