Pendant deux jours, des étudiants en médecine et en école d’infirmières investissent les campus niçois pour sensibiliser à l’alcool, au cannabis et à la santé mentale. À travers des activités ludiques, ils cherchent à faire passer des messages essentiels.
Le stand attire d’abord par curiosité. Une roue colorée, des lunettes posées sur une table, quelques flyers qui s’envolent au moindre courant d’air. On rit un peu. Mais derrière le jeu, quelque chose de plus sérieux. Depuis ce matin, sur le campus de Saint-Jean d’Angely à Nice, des étudiantes en médecine et en école d’infirmières ont investi un coin du passage pour parler prévention. Pendant 2 jours, ils sensibilisent autour de plusieurs thématiques : l’alcool, le cannabis et la santé mentale.
« Vas-y, essaye », lance Margot Lombardo à un étudiant hésitant. Il enfile la paire de lunettes et fait quelques pas. Sa trajectoire n’est pas très droite. Autour de lui, ses amis rient. Lui aussi. « C’est perturbant », admet-il en retirant la simulation de ses yeux, « on se rend pas compte comme ça peut jouer ». Ces verres, censés simuler les effets du cannabis, font partie des outils utilisés pour provoquer une prise de conscience. Ici, on apprend en expérimentant. Un peu plus loin, une roue tourne. « Allez, une question sur l’alcool » propose Arwen Rodbar, étudiante infirmière. Élise R., une autre étudiante, joue le jeu, tire une question. « Vrai ou faux ? On élimine un verre d’alcool toutes les heures ? ». C’est vrai. Beaucoup de facteurs en jeu : poids, métabolisme. Mais c’est vrai. Tout est pensé pour engager sans moraliser. Les échanges sont simples, directs, souvent ponctués de rires. Pourtant, les messages, eux, restent.
Des outils corrects pour se protéger
Sur la table, des objets attirent particulièrement l’attention : de petits protège-verres en papier. « C’est contre les drogues dans les boissons », explique Margot. « On les distribue gratuitement, ça peut toujours servir en soirée ». Plusieurs étudiants en prennent, parfois sans un mot, glissant l’objet dans leur sac avec une discrétion qui en dit long. « On est pas là pour dire aux gens quoi faire, juste pour prévenir et donner des outils ». Et ça fonctionne. Certains passent rapidement, attrapent un flyer et repartent. D’autres restent plus longtemps. Une conversation s’installe, sans qu’on s’en rende compte. « Et si quelqu’un se sent pas bien, genre mentalement ? », demande Élise. Arwen change légèrement de ton. « Il y a des ressources, des numéros, des lieux où en parler. Et surtout, il ne faut pas rester seul. »
Le stand vit au rythme du campus. Entre deux cours, deux cafés, deux moments de vie étudiante. « Au début, les gens viennent pour rigoler », dit Margot en observant les passants. « Et puis finalement, ils repartent avec quelque chose. »
Sandy Dumas



