Jean Baptiste Aldigé : « C’est une décision 100% politique »

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Jean-Baptiste Aldigé s'est présenté face à la presse suite à la victoire du Nissa Rugby contre Niort, 24-17, ce samedi. Un succès qui permet aux Aigles d'être premier de Nationale. © Enzo Puren.

Présent en conférence de presse après la victoire de son équipe, le Nissa Rugby, 24-17 contre Niort ce samedi à Marcel-Volot, le président Jean-Baptiste Aldigé a fait le point sur la saison de son équipe. Il a aussi exprimé sa déception de voir la finale de Nationale être organisée à Bourg-en-Bresse cette année plutôt qu’à l’Allianz Riviera de Nice. Une décision qu’il juge politique.

Après la victoire à domicile du Nissa Rugby, 24-17, ce samedi face à Niort pour la 18e journée de Nationale, le président du club azuréen, Jean-Baptiste Aldigé, est revenu sur la saison en cours de son équipe, première du championnat. Le dirigeant niçois s’est aussi penché sur la décision de la fédération de rugby d’organiser la finale du championnat à Bourg-en-Bresse plutôt qu’à l’Allianz Riviera de Nice, comme il l’aurait souhaité. Le tout sans langue de bois, comme à son habitude.

« Président, victoire difficile ce soir. C’est ce que l’on retient ?
On a fait face à une très, très, belle équipe de Niort. Ils jouent parfaitement l’équipe du promu, c’est-à-dire qu’elle est bien organisée. Autant je n’ai pas beaucoup de respect pour leurs entraîneurs, que je ne tiens pas dans mon cœur, autant dans cette équipe, il y a de sacrés joueurs et un sacré bloc équipe. Donc même si les entraîneurs ne sont pas de très bons mecs, ils doivent faire du bon boulot. Mais oui, pas une victoire facile. Il y a eu très peu de rythme. On a essayé de se faire des passes alors qu’il n’y avait pas d’espace. Par contre, une fois que l’on a eu le ballon proche des lignes et que l’on a mis notre jeu de puissance en place, ça a fait des essais.

C’était un peu un copié collé des victoires contre Suresnes (26-11) et Marcq-en-Baroeul (30-21).
Non, Niort est bien meilleur. Contre les autres équipes, on se met dedans tout seul. Les Niortais, eux, ont fait du « catenaccio » (un match fermé), quatre-vingt minutes en équipe. On a jamais eu le fil aujourd’hui. C’était un vrai match de rugby et on n’était pas les meilleurs. Après je ne dis pas qu’on méritait de perdre ce match non plus. Il est possible que si on le rejoue dix fois, on le gagne neuf fois.

« On s’était donné comme objectif d’être premier fin janvier. C’est chose faite. »
Jean-Baptiste Aldigé

Il y a des motifs de satisfaction quand même ce soir non ?
Le motif de satisfaction, il n’est pas sur ce match. Après la défaite contre Albi à la maison (21-24, le 22 novembre dernier), on s’était donné comme objectif d’être premier de Nationale fin janvier. C’est chose faite. On est seul leader du championnat, un point devant Albi. Ça n’est pas grand chose mais, pour nous, ça veut dire beaucoup. On n’est pas champion du monde mais on a accompli un premier objectif. Ça fait plaisir.

L’objectif, maintenant, on imagine que c’est d’être premier à la fin de l’année et d’aller chercher la montée.
Avant d’être premier en juin, il faut déjà arriver à l’être fin janvier. C’est pour ça qu’on s’était donné cet objectif. Je vous rappelle que l’on a perdu cette place après la défaite contre Albi, ici, il y a deux mois. Et après il a fallu ramer pour revenir. Maintenant, comme les cinq autres équipes du haut de tableau, on cherche à être dans les deux premiers pour recevoir la demi-finale. Une fois à domicile en demi-finale, vous avez plus de chances de jouer la montée. Comme je dis tout le temps, il y a le rugby qui qualifie et le rugby qui fait monter. Donc d’abord, il faut se qualifier.

https://twitter.com/nissarugby/status/2017679003599937626

Vous avez évoqué la demi-finale potentiellement à domicile. Cette semaine, on a appris que la finale de Nationale se jouerait à Bourg-en-Bresse et non à l’Allianz Riviera de Nice comme vous l’auriez souhaité. Votre dossier de candidature n’a pas été retenu, qu’est-ce que cela vous inspire ?
Écoutez (rires), j’ai eu une belle semaine. Quand la fédération m’a appelé pour me dire « Voilà c’était serré mais on a choisi Bourg-en-Bresse » j’ai dit : « première info, c’était serré. J’entends. Pourriez-vous me donner les critères sur lesquels j’ai eu une moins bonne note afin de progresser ? Que j’appelle l’Allianz Riviera pour leur dire qu’ils ont déconné, qu’ils ont eu les Jeux olympiques d’hiver, l’Euro 2016, la Coupe du monde de rugby, mais que sur une finale de Nationale, ils ne sont pas bons ».

Et que vous a-t-on répondu ?
On m’a dit qu’il y avait eu un process, un débat et que ça avait été une appréciation globale. J’ai insisté pour savoir pourquoi on n’avait pas été retenu. Ils n’ont pas voulu me donner la note attribuée au projet. Voilà, donc c’est une décision 100% politique. Ils ont choisi ça en bureau stratégique, jusque là je ne savais pas qu’il y avait un bureau stratégique à la Fédération. Je suis allé voir la composition de ce bureau, ce ne sont que des grands professionnels du marketing sportif, ça travaille à la FIFA (Fédération Internationale de Football Association)… rien du tout ! Donc qu’est-ce que je voulais que je vous dise. Au moins on a gagné que la finale sera jouée sur terrain neutre. La peur, c’était que ça finisse chez un concurrent direct, comme la Fédération a l’habitude de le faire chaque année…

https://twitter.com/NationaleRugby/status/2016474223292674338
Lire aussi : La FFR a tranché, la finale du championnat se jouera à Bourg-en-Bresse 

On vous sent amer de cette décision.
Les dirigeants bressans m’ont chambré sur les réseaux sociaux cette semaine. On les reçoit dans un mois, ils seront les bienvenues. Vous savez que leurs joueurs habitent tous à Lyon. Est-ce que vous vous rendez compte ? On va faire une finale dans une ville qui n’a même pas d’hôtels pour accueillir deux équipes. Je pense aussi aux joueurs en disant cela. Les dirigeants font leur trucs, moi, je défends les intérêts de mon club, mais eux, ils auraient peut-être eu envie de jouer dans un stade « FIFA »… Personnellement, quand j’étais en Angleterre, j’ai joué une fois en universitaire à Twickenham. Je m’en rappellerai toute ma vie. Bon, a priori Marcel-Vauchère (le stade de Bourg-en-Bresse, ndlr), ça vaut le coup. C’est un stade de Ligue des champions puisque l’OM a joué là-bas en Coupe de France (rires).

Vous avez une semaine de repos avant un nouveau bloc de matchs qui commencera dans quinze jours à Chambéry (5e à cinq points de Nice avec un match en moins). L’ambition sera de débuter par une victoire ?
On avait l’opportunité, à Massy, de décrocher un concurrent direct la semaine dernière. Bon, on a pris un point dans des conditions météorologiques difficiles. C’était frustrant. Maintenant, c’est Chambéry. C’est une belle équipe. Le staff et les joueurs ont encore l’impression qu’ils auraient du remporter la finale d’accession à la Pro D2 l’année dernière (défaite face à Carcassonne 23 à 24). Et aussi que l’arbitre n’avait pas été bon avec eux. J’espère que ça n’aura pas une influence, que l’arbitre ne voudra pas compenser parce qu’ils estiment s’être fait voler l’année dernière. Je veillerai à ça.

Mais au match aller, vous vous étiez imposés.
Oui, les Chambériens avaient déclaré dans la presse qu’ils venaient pour gagner ici. Résultat, ils en avaient pris 40. Donc je ne sais pas trop sur quel pied danser. Pour parler de jeu, c’est une équipe qui met du volume avec plus de la moitié de leurs essais sur ballons portés. Ça sera intéressant. Un gros match en perspective. »

Propos recueillis par Josef Jaricot