L’AS Monaco peut-il encore croire à l’Europe ?

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L'ASM pointe à la 7e place de Ligue 1. © MAK

L’AS Monaco a été tenue en échec 2-2 par l’AJ Auxerre dans le cadre de la 30ème journée de Ligue 1, disputé au stade Louis-II. Menée 2-0 à la mi-temps, l’équipe monégasque est revenue au score en seconde période grâce à Folarin Balogun et Ansu Fati. Un résultat décevant, mais qui laisse Monaco au contact de ses concurrents directs dans la course à l’Europe.

Accrochée à domicile par l’AJ Auxerre (2-2), l’AS Monaco a sans doute laissé filer bien plus que deux points dans la course à l’Europe. Dans un championnat aussi serré que la Ligue 1, ce type de contre-performance peut peser très lourd au moment du décompte final. 

Cette rencontre a mis en lumière les fragilités actuelles de l’AS Monaco. Menée 2-0 à la pause, l’équipe a longtemps semblé dépassée par l’intensité et le réalisme Auxerrois. Défensivement, les  erreurs d’alignement et le manque d’agressivité ont coûté cher. Offensivement, les Monégasques ont peiné à se montrer dangereux en première période, multipliant les approximations techniques. 

Il a fallu un sursaut d’orgueil en seconde mi-temps pour éviter une défaite. L’entrée en jeu, à la mi temps, de d’Adingra accompagné d’une réorganisation tactique ont permis de renverser la  dynamique. Folarin Balogun s’est notamment illustré en concrétisant les temps forts  monégasques. Ce retour au score démontre que Monaco possède des ressources mentales, mais  il souligne également une incapacité chronique à maîtriser ses matchs sur la durée. 

Une irrégularité qui coûte cher

Ce nul n’est pas une contre performance isolé, mais s’inscrit dans une dynamique plus large. Cette saison, Monaco alterne entre prestations convaincantes et résultats frustrants. Cette  irrégularité empêche le club de franchir un cap et de s’installer durablement dans le haut du classement. Face à des concurrents directs plus constants, comme le Stade Rennais FC, Monaco sait se sublimer et rendre des copies satisfaisantes. Paradoxalement les Monégasques laissent trop souvent échapper des points précieux contre des équipes moins bien classées tel qu’Auxerre ou le Paris FC sur les deux dernières semaines.

Une situation comptable sous tension

Au classement, Monaco reste au contact des places européennes, mais la marge d’erreur s’est considérablement réduite. Chaque journée redistribue les cartes, et le moindre faux pas peut entraîner une chute rapide. Le nul face à Auxerre empêche Monaco de profiter des contre-performances des concurrents (Marseille et Lille) et laisse Lyon et Rennes prendre de l’avance. 

Si l’on se projette, une qualification européenne nécessite généralement une série de victoires sur  la fin de saison. Or, au vu de la forme actuelle, Monaco peine à enchaîner. Le problème n’est pas seulement mathématique : il est aussi psychologique. La pression augmente à mesure que les échéances approchent, et l’équipe devra montrer une solidité mentale si elle veut atteindre ses objectifs. 

Des axes d’amélioration évidents

Pour espérer accrocher l’Europe, Monaco devra corriger sa solidité défensive et sa gestion des  temps faibles. L’équipe a trop souvent du mal à rester compacte lorsqu’elle est mise sous  pression et l’efficacité offensive devra être plus constante. Malgré des joueurs talentueux, l’ASM ne parvient pas toujours à concrétiser ses occasions dans les moments clés. Une meilleure gestion des phases de transition pourrait permettre de faire la différence plus rapidement dans les matchs. 

Les prochaines rencontres s’annoncent décisives. Monaco affrontera des équipes aux objectifs diamétralement opposés, certaines jouant le maintien, d’autres l’Europe. Ce contexte rend chaque match imprévisible et potentiellement piégeux. Il faudra donc aborder chaque rencontre  avec le même niveau d’exigence. 

Mathématiquement, Monaco peut encore espérer à une qualification européenne. L’écart avec les places visées reste rattrapable. Mais dans les faits, les Monégasques n’ont plus leur destin entièrement entre leurs mains. Ils devront non seulement gagner, mais aussi espérer des faux pas de leurs concurrents.

Manil Ali Khodja