
En Iran, un mouvement de contestation secoue le pays depuis quelques semaines. Réduits au silence des décennies durant depuis 1978 et l’arrivée des Mollahs, le peuple iranien se mobilise aujourd’hui. Un point qui secoue le régime dont la dégradation des proxies de la République islamique l’affaiblit aussi.
Depuis 1978, la République islamique réprime le peuple iranien, impose la Charia aux hommes, aux femmes et aux enfants. Les Gardiens de la Révolution torturent et exécutent tous ceux qui ne suivent pas leurs règles, notamment les minorités ethniques et religieuses. Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu depuis l’arrivée des mollahs il y a 47 ans : en 1980, 1999, 2017 à 2019, 2021, 2022 avec le mouvement « Femme Vie Liberté » et maintenant en 2026.
Ce nouveau mouvement de protestation menace la République islamique. Sans oublier l’affaiblissement des proxies terroristes du régime la fragilisant encore plus.
Affaiblissement de l’Axe de la Résistance : la fin des mollahs
Au-delà des tensions internes, l’environnement international joue en défaveur du régime. En particulier, avec le Hezbollah, l’un de ses proxies principaux, ayant subi un déclin militaire depuis la mort de leur chef Nasrallah en 2024. La chute du régime d’Assad en Syrie il y a un an, marque aussi un sérieux revers pour Téhéran. Les deux États autoritaires coopéraient pour des raisons d’intérêts géopolitiques et militaires au Moyen-Orient. « Cette disparition provoque le barrage des routes logistiques et lignes d’approvisionnement essentielles qui soutenaient justement les proxies frontaliers », alimente le Dr Sanam Vakil, experte du Moyen-Orient, sur Chatham House (l’institut Royal des affaires étrangères basé à Londres).
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Les frappes américaines contre les sites nucléaires et l’élimination des hauts dignitaires du régime par Israël, lors de la Guerre de 12 jours en juin 2025, ont abattu la République islamique, son programme nucléaire et son image de puissance.
La chute de Maduro représente une menace supplémentaire pour le régime et son lien avec le narcotrafic au Venezuela. Les deux collaborent pour contourner les sanctions internationales. La République islamique se retrouve isolée et perd son allié latino-américain. Enfin, les menaces d’interventions d’Israël et des États-Unis aujourd’hui, soutenant les manifestants, deviennent de plus en plus sérieuses.
Interventions internationales : la clé pour libérer les Iraniens ?
Le peuple iranien veut mener son propre combat et libérer le pays lui-même. Cependant, il a aussi besoin du soutien des diplomaties internationales nécessitant d’arrêter de passer des deals sur le pétrole avec la République islamique pour ne pas les enrichir. Cet argent ne va ni au peuple ni au développement du pays, mais à l’enrichissement du régime, de sa milice attaquant les manifestants et de ses proxys terroristes qu’il sponsorise.
Les Iraniens souhaitent une intervention des États-Unis et Israël. Les manifestants en Iran, luttant dans les rues à mains nues contre les forces paramilitaires, scandent souvent “Trump comes save us” (“Trump vient nous sauver”). Reza Pahlavi, fils de l’ancien Roi, explique lors d’une prise de parole publique : ”il faut intervenir à travers des frappes chirurgicales et stratégiques visant les dirigeants et leurs infrastructures de commandement”. Tout cela sans que les opérations détruisent le pays et mettent en danger les citoyens, risquant déjà leur vie dans les rues.
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Le pilier du régime islamiste : ses proxys terroristes
Le régime des Ayatollahs n’opprime pas seulement son peuple mais déstabilise la région, voire le monde. En finançant le Hezbollah au Liban; les Houthis au Yémen; les milices Hachd-Al-Chaabi causant des ingérences en Irak; ou encore le Hamas en Palestine coupable des horreurs du 7 octobre fortement soutenues par la République islamique. Il s’agit des proxiess terroristes du régime, appelés « Axe de la Résistance ».
Il est également engagé dans le narcoterrorisme avec le gouvernement vénézuélien de Maduro et d’autres pays de l’Amérique latine. « C’est un clan mafieux impliqué dans le trafic de drogues notamment avec les mafias colombiennes, vénézuélienne et mexicaine », explique, sur Le Figaro, Emmanuel Razavi, grand reporter franco-iranien. Enfin c’est aussi le régime qui arme la Russie avec les drones « Shahed » pour la Guerre contre l’Ukraine.
Contre la persévérance et le courage des Iraniens dans les rues, la République islamique mène son massacre sur les manifestants depuis la coupure internet. Le Hezbollah et les miliciens en Irak soutiennent leur financeur et annoncent se joindre aux côtés des forces paramilitaires (Les Gardiens de la Révolution) pour continuer la répression.
Kymia Diyaar


