Elye Wahi : l’homme de la providence

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Porté par un déterminant Elye Wahi, buteur à deux reprises, l’OGC Nice a sauvé sa peau de justesse dans l’élite et doit, à présent, se reconstruire. Mais ce sera vraisemblablement sans son homme fort de cette demi-saison.

Nul ne doute que chaque supporter de l’OGC Nice ne rêverait pas, quelque part, d’une installation définitive d’Elye Wahi sur la Côte d’Azur. Contraint de regagner l’Allemagne et Francfort – après un passage par l’Amérique pour la Coupe du Monde 2026 avec la Côte d’Ivoire, l’attaquant formé au Montpellier HSC a joué un rôle de premier plan dans la deuxième partie de saison niçoise.

Ce vendredi encore, celui qui n’avait pas participé au barrage aller pour une suspension (0-0) a brillé et été logiquement récompensé de son acharnement exemplaire par deux buts inscrits en fin de partie.

D’abord imprécis malgré l’effort…

Tout n’a pourtant pas démarré sur les chapeaux de roue. L’attaquant anciennement passé par l’Olympique de Marseille n’a touché son premier ballon qu’après plus de dix minutes de jeu. Mais chaque toucher de balle a été rudement jouée et s’est montré régulièrement gagnant.

D’abord par un coup-franc gagné (15e), puis sur le bon centre de Bard venu de la gauche, avant que l’attaquant ivoirien ne heurte le poteau de Larsonneur (20e).

Il a ensuite joué merveilleusement le coup dans son appel sur la transmission de Clauss côté droit (45e), avant d’intervenir en renard des surfaces devant le portier stéphanois (50e) puis de manquer de réussite sur le contre-assassin après l’énorme occasion de Stassin (54e).

Chargé par Appiah après la combinaison Clauss – Boudache côté droit, il n’a pas réussi à redresser le ballon vers la cage (59e). Et il a de nouveau buté sur un Larsonneur difficilement perméable, sur une nouvelle occasion menée par l’élément déclencheur Kail Boudache (67e).

…Puis salvateur dans les derniers instants

Mais ce bouquet d’occasions manquées révèle d’abord un point majeur. Malgré les échecs, Elye Wahi n’a jamais arrêté de peser dans la défense stéphanoise. Et alors que le Gym a repris l’avantage au score dans les dix dernières minutes par Boudache (81e), le club du Forez a dû s’ouvrir un peu plus dans le money-time.

Une aubaine pour l’international ivoirien qui a creusé l’écart sur un caviar de Louchet, au terme d’une course où, ni Nade, ni Bernauer n’est parvenu à le rattraper. Sa célébration rageuse porte d’ailleurs tout le symbole d’une force d’acharnement sans équivalent.

L’appétit loin d’être rassasié, il est même parti de son camp après 90 minutes d’efforts pour inscrire son doublé, d’un piqué bien brossé, et sceller définitivement la victoire du Gym dans un Allianz Riviera dépourvu de tout supporter (4-1). Tout au long de la partie il n’aura cessé d’être un poison pour Saint-Étienne et son entraîneur Philippe Montanier, qui a reconnu en lui un « joueur très talentueux » au moment d’analyser toute la difficulté qu’a rencontré Mickaël Nade dans cette partie à partir de son entrée en jeu dès la mi-temps.

Le maintien dans l’élite sécurisé, le Gym se concentre à présent sur sa reconstruction interne (un directeur sportif, un conseiller sportif, un entraîneur, au moins pour le plan A). Son homme de la providence, lui, a les yeux rivés sur l’Amérique et un Mondial qui débutera à la mi-juin. Et peut-être, qui sait, que leurs chemins se recroiseront un jour.

Photo : Inès Hollander