L’AS Monaco peut-il intégrer les places européennes d’ici la fin de la saison ? 

0
4
Les Monégasques sont invaincus en championnat depuis le 16 janvier dernier. © Anthony Marques

Après son succès face à Angers (2-0), son troisième de suite en championnat, l’AS Monaco confirme sa bonne forme du moment et n’est plus qu’à trois points de la première place européenne. Et ce, grâce à des prestations de plus en plus abouties. 

Samedi soir, après son nouveau succès obtenu face à Angers, une équipe qui lui avait tenu tête lors du match aller pour la première de Sébastien Pocognoli en octobre dernier (1-1), une certaine joie se lisait dans les regards monégasques. Celle de la fierté, avant tout. La fierté d’un collectif qui monte en puissance depuis quelques rencontres. 

Que ce soit face au Stade Rennais (4-0), ou face au Paris Saint-Germain en Ligue des Champions, malgré l’élimination (4-5 en cumulé), l’AS Monaco a plu à bon nombre d’experts qui ne voyaient en cette équipe, il y a quelques mois, pas l’ombre d’un joli mirage. Depuis, les choses semblent avoir légèrement tourné. 

Un coach aux idées claires et bien fondées

Si l’entraîneur est le premier à être remis en question quand une équipe traverse une mauvaise passe, il se doit d’être mis sur le premier plan, aussi, quand le vent tourne. 
Sébastien Pocognoli est arrivé à la mi-octobre sur le Rocher pour remplacer l’Autrichien Adi Hutter, remercié après une série de résultats jugés insatisfaisants. En novembre, malgré une victoire précieuse en Norvège, face à Bodø/Glimt en Ligue des champions (0-1), l’équipe, lourdement impactée par les blessures, a enchaîné deux désillusions majeures en championnat. Sur le même score lourd, d’abord face à Lens (1-4) puis à Rennes (4-1). 

Jusqu’à la rupture totale entre les supporters monégasques et la direction, qui est apparu comme un nouveau coup dur dans la tête des joueurs monégasques et leur coach. 
À force d’abnégation, le Belge a su remobiliser ses troupes. Tactiquement, celui-ci s’organise généralement entre un 4-2-3-1 et un 3-4-2-1. La première formule avait notamment été adoptée lors du match aller face au Paris Saint-Germain (2-3) où les Monégasques avaient mené de deux buts avant de chuter. 

Après des prestations déterminantes face à Lens (2-3) et à Paris lors du match retour de barrage (2-2), Sébastien Pocognoli a choisi, de nouveau, de s’orienter vers un 3-4-2-1, avec un Golovin particulièrement mobile dans l’entre-jeu, et un Zakaria dominant en défense. Dans un secteur qui a souvent dévoilé ses faiblesses, l’installation du Suisse aux côtés de Kehrer et plus récemment Faes, s’est avéré être une grande réussite. Notamment pour combler le manque de vitesse de l’Allemand comme du Belge. 
Robuste, imposant et puissant dans les courses, Denis Zakaria est un point clé de ce renouveau monégasque. Face à Angers, au Louis II, Philipp Köhn n’aura eu qu’une parade à réaliser. Certes importante, puisque l’occasion est survenu lorsque Monaco menait 1-0 (50e). Mais cela a révélé avant tout, toute l’efficacité de ce système à 3, qui peut encore progresser davantage.

Les Monégasques d’Aleksandr Golovin n’ont plus que le championnat à disputer cette saison. © Anthony Marques.

Aladji Bamba marque des points

Pour cette course à l’Europe, l’entraîneur belge peut compter sur deux éléments qui ont marqué des points lors de la dernière journée. Titularisé aux côtés de Lamine Camara, Aladji Bamba (19 ans) n’a pas eu froid aux yeux durant la partie et a constitué une bonne paire avec son coéquipier sénégalais, champion d’Afrique en janvier dernier, qui excelle match après match. 

Il était présent lors de la première de Sébastien Pocognoli à Angers. Mais sa brève entrée (84e) n’a pas convaincu et par la suite, Aladji Bamba n’a plus été vu en équipe première. Auprès de Nice-Matin, l’entraîneur belge a affirmé qu’il y avait un processus de suivi, au cours duquel le jeune milieu n’a pas été épargné : « J’ai été dur et patient avec lui aux entraînements, on l’a bien pris en individuel pour le faire progresser, notamment sur ses prises de balle. Il a beaucoup travaillé. » 

Face à Angers, le milieu de terrain s’est montré présent dans la bataille du milieu et a brillé dans sa faculté à casser des lignes sur ses transmissions. Juste avant la mi-temps, son caviar pour Lamine Camara aurait pu connaître meilleur sort (40e). 

Simon Adingra aussi

Un autre qui a participé grandement à la victoire monégasque sur le Rocher ce week-end, c’est Simon Adingra. À la pause, l’Ivoirien est entré à la place de Caio Henrique, au poste de piston gauche. Avec l’objectif clair d’apporter du mordant et de l’explosivité sur ses courses dans le couloir. 

Et il n’a pas manqué de se faire remarquer puisqu’il s’est retrouvé dans l’orchestre dès l’ouverture du score monégasque signée Folarin Balogun (57e) avant de décocher une frappe enroulée imparable (62e) pour creuser l’écart. En après match, l’attaquant suisse a déclaré à son sujet : « Simon Adingra a changé le match, c’est un joueur fantastique. Ce n’est jamais évident d’arriver dans un nouveau club et d’être performant aussi vite. »

Face à ces montées en puissance, Sébastien Pocognoli a également pu profiter de la mise au repos de Vanderson et Maghnes Akliouche, qui ne sont pas entrés en jeu face à Angers. Le retour progressif de Christian Mawissa, pourra également apporter davantage de vitesse dans la défense monégasque et peut-être, permettre à Denis Zakaria, de remonter d’un cran dans un double-pivot avec Lamine Camara. 

Dans cette fin de saison, l’équipe monégasque reprend de la qualité et de la confiance avant d’enchaîner des rencontres cruciales dans sa course à l’Europe. Samedi prochain, l’équipe se déplace chez son bourreau européen, le Paris Saint-Germain, avant de retrouver Lyon juste avant la trêve internationale (le 22 mars), puis Marseille (le 05 avril). Le chemin est encore long.

Alexis Navarro