Nice, c’est fort en chocolat

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La confiserie Florian existe depuis 1921 sur le port de Nice. Crédit : Alexandre Ugolini

Depuis ce 1ᵉʳ décembre, les Niçois ont déjà la tête plongée à Noël. Et le chocolat continu encore et toujours de s’imposer en maître sur les tables du réveillon. Le branle-bas de combat a donc commencé pour les chocolatiers de Nice. 

Au lait, blanc, noir ou fourré, le chocolat ne cesse de se renouveler avec le temps. Un plaisir sucré qui n’effraie pas les Français, bien au contraire. En 2021, ce n’est pas moins de 347 979 kilos qui ont été consommés dans l’hexagone, soit un coût de plus de trois millions d’euros. Et Noël n’y est pas pour rien, car il comptabilise, à lui seul, plus de la moitié des ventes de l’année. À l’approche des fêtes, Nice ne déroge pas à cette règle. Sur le port Lympia difficile de rater sa devanture qui commence à exposer ses rides, à cause des 100 ans qu’elle a passés à cet endroit. La confiserie Florian est l’une des plus vieilles chocolateries de Nice. L’intérieur est à l’image de son histoire, très traditionnel avec des odeurs qui définissent si bien le caractère du cacao. “On a une bonne production de chocolat ici sur Nice”, raconte Monica, vendeuse de la boutique. À l’étage, trois personnes enchaînent l’assemblage des pièces sucrées, une habitude à l’approche de Noël où les commandes explosent. “Nous sommes déjà à 200 % et nous avons recruté du personnel pour assurer le coup. Après, il y a des périodes comme en été, où nous vendons beaucoup plus de bonbons que de chocolat”, explique la vendeuse. Comme plusieurs matières premières, le coût du chocolat a, lui aussi, augmenté. Une hausse qui n’effraie pas forcément les clients. “On ne dit jamais non à du chocolat. Et les gens continuent d’affluer dans notre boutique. C’est bientôt Noël donc c’est normal”, rétorque Monica.

“Les gens font un petit peu plus attention à leur budget chocolat”

Grand fléau de ces derniers mois, l’inflation n’épargne pas les chocolateries. Cette boutique niçoise a d’ailleurs remarqué un changement chez les clients. “Par rapport à l’année dernière, je pense que les gens font un petit peu plus attention à leur budget chocolat. Quand on prépare les sachets devant les clients, ils demandent de retirer quelques carrés quand ils découvrent le prix final”, explique Julie, responsable de la boutique. Malgré ça, les commandes pour Noël ne cessent d’affluer. “Nous avons déjà 400 commandes à récupérer en boutique, plus 400 à livrer. Cela fait donc 800 clients pour les fêtes. Décembre est vraiment un très bon mois. C’est la plus grosse période après Pâques”, raconte la responsable. Dans une autre enseigne, nichée dans le vieux Nice, les employés optent pour une méthode accessible pour les clients. “Nous proposons plusieurs petits sachets à bas prix pour que tout le monde puisse en profiter”, explique Shaïna, préparatrice en cuisine. Pour Christine, cliente de cette chocolaterie : “le chocolat devient de plus en plus un produit de luxe”. Et pour cause, puisque le prix du cacao a augmenté de plus de 60 % en un an.


La France et le chocolat

La France se classe 7ᵉ au rang des consommateurs de chocolat en Europe. Elle en consomme, en moyenne, plus de six kilos par habitant et par an. Le chocolat noir reste l’amertume préférée des Français, 30 % par rapport à ses voisins européens. On peut dénombrer plus d’une centaine de chocolatiers artisanaux sur l’ensemble de l’hexagone. La France exporte plus d’un million d’euros de chocolat dans le monde.


Alexandre Ugolini